Bonjour Fred ! Voilà, nous en sommes à la fin du "Jour E + 1". Je n'arrive pas à comprendre pourquoi je ne suis pas encore effondrée malgré cet échec. Ca fait des semaines, non, des mois que j'envisageais la possibilité (plus que probable, vu les statistiques de réussite à ce concours) de ne pas réussir, et je me disais que jamais je ne pourrais le supporter. Et en fait non, jusqu'ici je le vis plutôt bien. Certes je n'ai encore retrouvé ni un sommeil ni un appétit normal, mais ça c'est normal chez moi, en fait ! Mes années d'étude ont eu raison de ma santé physique depuis longtemps déjà ! Ce qui m'étonne c'est que je n'ai même pas eu envie de pleurer, c'est que je ne me suis même pas accusée d'être la plus nulle de la terre, c'est que malgré les invitations plus que pressantes de mes parents je ne suis même pas rentrée chez eux me faire dorloter. Et plus encore, je crois que je les fuis un peu, car je sais qu'ils sont très tristes pour moi, et je sais que sentir leur déception dont je suis quelque part la cause me rendrait moi aussi triste, alors que j'ai résolument décidé de ne pas l'être. C'est bizarre, non ? Je m'inquiète de ne pas être moi-même désespérée ! En fait, si je veux être sincère, je pense que ce qui est le plus blessé est mon orgueil. Je me dis que je suis vraiment égoïste. Car je crois que j'en veux quelque part un peu à toutes les autres personnes que je connais et qui elles sont admissibles, alors que moi je ne le suis pas, alors que moi surtout j'ai peut-être plus travaillé qu'elles. Parmi ces heureux candidats ne se trouvent même pas mes meilleurs amis, ceux que, malgré mon orgueil, j'aurais souhaité voir inscrits sur la liste des admis, même si moi-même je ne l'étais pas... Tu vois comme je me dévoile en ce moment, moi qui pourtant cherche tant à rester sur mes gardes. Hier tu me découvrais acharnée et volontaire, ou plutôt, comme tu me l'as si gentiment dit en privé : ""absolue", passionnée, donc fatalement un jour : passionnante !". (Aparté : "Et encore, Eva, ce n'est qu'une fois écrit et envoyé, que j'ai trouvé la version définitive : "absolue", passionnée, donc fatalement un jour : absolument passionnante ! Aujourd'hui, tu sais que tu peux aussi remplir la case "fière et orgueilleuse" dans ton puzzle - enfin dans mon puzzle géant. Tu vois comme je me remets facilement. Tu dis que je suis courageuse, mais non, je renonce juste à assister en spectatrice à l'effondrement de mon monde. Enfin, il faut dire que j'ai passé la journée à penser à autre chose, ou mieux à ne pas penser du tout (enfin à essayer de ne pas penser, parce que je me suis toujours demandée si c'était possible chez moi !). A faire mille choses qui m'éloigneraient au plus de tout ce qui tourne autour de ce concours. Quand je dis "mille choses", c'est une douce exagération pour dire "mille riens du tout". C'était une journée assez étrange en fait, pour un premier jour de vacances. Elle a commencé fort pourtant : j'ai enfin réussi à persuader ma copine Justine (elle s'appelle pas comme ça, mais je décide de la baptiser ainsi car j'en reparlerai sûrement un autre jour) d'aller à la piscine avec moi, histoire de lui montrer combien j'avais fait de progrès en natation, à défaut d'en faire dans mes études universitaires (hum, rire jaune pour moi aussi...). J'ai donc tenu à faire mes deux kilomètres, même si j'ai dû faire les derniers cinq cent mètres seule. Là, tu te dis : "ouah, Eva, quel dynamisme !". Mais non, ça n'a pas duré ! Car ensuite, nous sommes allées chez Justine. Et là, nous nous sommes assises sur son canapé. Et voilà, c'est tout. Au bout de deux ou trois heures, on s'est dit que quand même, il faudrait se bouger un peu. Alors nous sommes allées chez moi. Et nous nous sommes assises sur mon canapé. Et voilà, c'est tout ! Au bout d'une ou deux heures, on s'est dit : "et si on allait voir une troisième copine, pour voir si son canapé est aussi confortable que les deux que nous venons d'essayer ?" Mais non, quand même, il ne fallait pas abuser... Car c'était toujours grève des métros aujourd'hui, et pense bien que nous avons fait tout le chemin entre nos deux canapés respectifs à pieds ! Voilà à quoi j'ai passé mon premier jour de vacances. C'est un été qui s'annonce d'enfer, n'est-ce pas ?!! Et dire que j'ai décidé d'écrire ça sur Internet. Et dire que c'est avec ça que je veux attirer des lecteurs ! Dis-moi, le "boulot" que tu as commencé il y a six mois maintenant consiste-t-il aussi à cela, à être assis toute la journée sur un ou plusieurs canapés ? Est-ce qu'il t'arrive de passer des journées comme la mienne, à ne rien faire ? Mais non, je sais à quoi tu passes tes jours et tes nuits. Pas sur ton canapé, mais sur une chaise à ton bureau, devant moi... enfin devant ton ordinateur, mais quelque chose me dit qu'il y a pas mal de kilo-octets de moi perdus dans ton P.C. ! Hier, après mon message tout triste, tu m'as dit : "Je me suis demandé en te lisant, si tu m'écrivais ou si tu écrivais une page du journal..." En fait, je me lui suis demandé et je me le demande encore aujourd'hui. A qui j'écris ? Pourquoi j'écris ? Pourquoi je me dévoile ainsi à toi, et maintenant à tout le monde ? Tu sais que c'est une question que je me pose souvent, et dont j'ai renoncé à trouver la réponse. Je crois que la première fois que nous avons commencé à parler de journal, c'est moi qui t'ai dit que j'aimerais bien en faire un moi-même. Toi tu étais un peu réticent à te raconter comme ça. Mais je sais maintenant que sans toi je n'aurais jamais ouvert de journal. Et pas seulement à cause des compétences techniques que je ne maîtrise pas. Mais parce qu'en écrivant notre journal tous les deux, je sais que c'est toujours à toi d'abord que j'écris. Je sais que c'est toi qui me liras non seulement le premier, mais le plus attentivement. Je sais que tes yeux sont ma plus belle oreille. Et, marque encore de mon égoïsme, j'aime presque te sentir triste avec moi quand je le suis moi aussi, au point que tu vas même jusqu'à t'accuser presque, comme hier, d'une chose dont tu n'es pas du tout responsable. Alors à qui est destinée cette page ? A toi, visage inconnu. Mais visage qu'il me semble pouvoir reconnaître mieux que tout autre, parmi tous ces visages inconnus du net. C'était ma page du jour, Fred. Demain, ce sera mon "Jour E + 2". Mais je te promets de changer de canapé ! Eva. Bonjour Chère Etre Virtuelle !!! Tu vois, une fois Eva, une fois Chère... pas mal, le coté virtuel, on peut un peu tricher avec le temps ! Qui se souviendra dans un mois que ta page à été lue le lendemain matin et que je te réponds en commençant par ce gentil "bonjour" matinal ? Deux bonnes nouvelles !!! D'abord, si tu avais eu ce concours il y a quelques annèes, sans doute ne serions nous pas aujourd'hui en train d'en parler tous les deux, ce journal n'existerait pas, pas plus que je ne suivrais les facéties de la lune depuis ma barre des tâches, parce que les hasards de la vie font que tout ce que l'on a vécu influence ce que l'on vit qui par-là même décidera ce que l'on vivra. Tiens ça me fait penser à une jolie chose que j'ai lu chez un de nos semblables, je vais essayer de retrouver ça... Bon, je ne veux pas non plus trop insister sur ce sujet, même si ta réaction me rassure, je présume toutefois que la plaie est encore béante et que ce n'est pas très adroit d'y remuer le couteau... Donc, une fois ne sera pas coutume, j'ai revu quelques détails des pages précédentes, les couleurs choisies n'étant pas terribles sur certaines pages, un joli rouge a été adopté qui devrait faire l'affaire ! J'ai aussi constaté que cette piètre impression dépendait de la taille de la police choisie pour naviguer, et que plus la taille était petite, plus l'impression était mauvaise... moralité... Tu dis plus haut savoir à quoi je passe mes jours... et mes nuits ! Tu as raison, je préfère ne pas faire le calcul du nombre de Mo (pas des Kilo, des Méga...) signés Eva ! Je crains juste le prochain plantage grâve qui me ferait perdre tous ces kilos... avant l'été, tout le monde voudrait en perdre et moi ce serait ma hantise !!! Mais demain est un autre jour... Ce soir, je vais moi aussi passer la deuxième partie de "mon épreuve à moi"... tu te souviens ? mais là, no stress... parce que c'est pour s'amuser d'une part, et parce que "on" a déjà fini 1er à la première partie !!! tu te rappelles ? tu avais essayé de me faire croire que tu y étais incognito !!! Alors hier, pour s'entrainer un peu avec Nic, on a été faire quelques petits tours : et évidemment, il a plu !!! mais comme on s'est toujours bien débrouillé sous la pluie... une fois tout mouillé, on en a rigolé en espérant que ce soir nous jouerait le même tour... On verra ça demain... Et puis il y a tous les "on" dont parfois, j'aimerais te parler... mais tu me demandais l'autre jour si j'en parlerais comme ça, "à tout le monde". Voilà, c'était plein de petites choses en direct de mon canapé-à-moi (en tendant fort les bras, j'y arriverais presque !) @ ce soir, Eva... Voilà : To realize the value of ONE YEAR, ask a student who failed a grade. Treasure every moment that you have! And treasure it more because you shared it with someone special, special enough to spend your time. And remember that time waits for no one. Yesterday is history. That's why it's called the present!! Friends are very rare jewels, indeed. They make you smile and encourage you to succeed. They lend an ear. They share a word of praise, and they always want to open their heart to us. Show your friends how much you care..... Send this to everyone you consider a FRIEND.If it comes back to you from someone else, then you'll know you have a CIRCLE OF FRIENDS Reproduit avec l'autorisation tacite de qui de droit : ) dont celle de Marco (le 1er mars...) |
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